Carnet de Bord : troisième jour

  • Festival de Cannes : Jour 3 – Vendredi 18/05 (écrit par Merlin Pitois et sur un clavier qwerty, vachement galère !)

Troisième jour : notre festival est bel et bien lancé, nous avons (enfin) trouvé nos marques, et avons pu assister à toutes les projections auxquelles nous souhaitions assister. La pluie a bien tenté de nous mettre des bâtons dans les roues, mais nous, les incorruptibles reporters de RCR, avons rempli notre mission.

Au programme du jour, trois films :
- Beasts of the southern wild, un film américain (même s’il ressemble a tout sauf à un film américain stéréotypé) première réalisation du prometteur Benh Zeitlin. On a été subjugués. LA révélation de la sélection ‘Un certain regard’ jusque là…
- Laurence Anyways de Xavier Dolan, le jeune réalisateur québecois, auteur des amours imaginaires. Ce film fait lui aussi parti de la sélection ‘Un certain regard’.
- Au delà des collines, de Critian Mungiu, le vainqueur de la palme d’or 2007 pour  4 mois, 3 semaines, 2 jours.

Pendant que nous nous enfilions plus de sept heures de long métrage, Ben Stiller et Sacha Baron amusaient la foule depuis le tapis rouge, jetant des cadeaux promotionnels au public pour la promotion du film Madagascar 3. Et en plus nous en écrivons la critique après, dans une salle de presse démesurée, où l’on ne parle que l’anglais, mes collègues les plus proches au moment ou j’écris étant russes, australiens, canadiens, italiens ou turcs…

La salle presse du festival, c'est autre chose que la salle de rédac' de RCR !

Au fil des jours, nous nous rendons peu à peu compte qu’il n’y a pas qu’un festival à Cannes, mais bien plusieurs. En fait, il y en a autant qu’il a de publics différents.
- Il y a les festivaliers   qui passent leur temps devant le palais des festival à tenter de négocier le rachat d’une place pour telle ou telle séance.
- Il y a les « petits » journalistes (nous !) qui sommes là de par notre cinéphilie pure et dure.
- Il y a la « presse pédante parisienne » qui nous pique nos place – car elle est prioritaire – qui jette des fleurs à De rouille et d’os parce qu’Audiart, ça ne peut pas être mauvais, mais qui disent que le Michel Gondry est à vomir parce que le sujet évoqué ne les concerne pas…
- Il y a les touristes qui sillonnent la croisette dans l’espoir de croiser une star.
- Il y a les V.I.P, qui ne font rien de particulier à cannes sinon exiber leur badge VIP et envoyer des textos pendant les projections.
- Il y a les stars, qui ont le don de se téléporter du Carlton au tapis rouge sans qu’on les voit, au grand malheur de la foule cannoise.
- Il y a les employé du festival, qui a l’incroyable talent de taper sur un touriste qui passe par mégarde dans une zone VIP, puis de cirer les pompes des journalistes qui se rendent dans cette zone VIP, et tout ça en moins de 40 centièmes de seconde.
- Il y a les commerciaux qui attendent toute la journée qu’un producteur daigne s’intéresser à leur film pour pouvoir lui faire de la lèche.
- Il y a les vendeurs de journaux qui s’égosillent pour vendre des nouvelles du monde aux festivaliers (généralement, 18 pages sont consacrées au festival, 1 au nouveau gouvernement et une aux sports; tu parles d’ue information de qualité…)

Enfin, je vous épargne une liste encore plus longue, je pense que vous aurez compris ce qu’il faut retenir du festival de Cannes : il est multiple, de par son public et de par la multiplicité des compétitions présentes :
- Le festival international du film
- La Caméra d’Or
- Un certain regard
- La semaine de la critique
- La quinzaine des réalisateurs
- La compétition des courts-métrages
- Les projections hors-compétition
- Cannes Classics
- Le marché du film
- etc. etc…

Bref, pour tout nouveau festivalier, arriver seul à Cannes est plus qu’un casse-tête, mais 48h après notre arrivée, nous nous sommes enfin (à peu près adaptés).

Cannes sous la pluie...

PS : je crains que nous ayons emmené le climat breton avec nous, depuis vendredi matin, il pleut, puis il y a une éclaicie, puis il pleut, puis il vente, puis il y a de l’orage. N’en touchez pas le moindre mot à Gilles Jacob, il nous mettrait à la porte !

 

 

Merlin Pitois

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Dupa Dealuri (au-delà des collines) de Cristian Mungiù

Ou l’ascension vers le chaos

Nous sommes en Roumanie. Alina, jeune femme de 25 ans revient d’Allemagne pour y retrouver Voichita, son amie et amour depuis toujours. Elles se sont rencontrées à l’orphelinat à l’age de 6 ans, ont eu la même enfance et se sont promis de ne jamais se quitter. Alina revient donc pour emmener son amie avec elle. Seulement voila: Voichita, elle, est restée et a découvert la vie au couvent, un endroit retiré de tout où vit une communauté de jeunes soeurs sous la responsabilité du Père, de la Mère, et de Dieu.

Chaque fille est assignée à sa tache quotidienne: cuisine, coupe du bois, entretien de l’église… et prières jour et nuit. Voichita, comme les autres, a trouvé Dieu, et son amour est bien plus fort que tout le reste.

Alina reste au couvent pour convaincre Voichita de la suivre en Allemagne. Mais son combat contre Dieu va s’avérer bien plus dur quelle ne le pensait…

Un film intelligent qui met la religion à mal et nous montre jusqu’où l’église peut aller pour ramener les brebis égarées.

Pour ne pas déroger à la règle de ce 65e festival de Cannes, le film dure 2h30! Et oui, comme si tous les réalisateurs s’étaient donné le mot, la majorite des films excède les 2h cette année.

Clémence Halais

 

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Nous sommes tous des bêtes sauvages

Sélectionné dans « Un Certain Regard » et en compétition pour la Caméra d’or, Beasts of the Southern Wild (Les bêtes du sud sauvage), a de très grandes chances (permettez-moi de me mouiller) de remporter la Caméra d’Or en cette édition 2012 du Festival de Cannes.

Beasts of the Southern Wild

La vie d’une petite fille, vivant dans les bayoux de louisiane, est radicalement transformée quand son père est victime d’une étrange maladie, alors même que le monde subit un déclin brutal. La hausse des températures entraine une montée des eaux et libère des créatures préhistoriques. L’enfant décide alors de partir à la recherche de sa mère.

Fable écolo ? Simple histoire de famille ? Que nenni ! La féérie de ce conte racontée par cette petite actrice sensationnelle nous a transportés, nous a bouleversés.

Le réalisateur de "beasts of the southern wild", Benh Zeitlin (au centre), entouré par ses deux acteurs : Quvenzhané Wallis et Dwight Henry

Curieusment, dans cette manière de filmer la misère et de la rendre belle, dans les couleurs des paysages, dans le lyrisme, on ne peut s’empêcher de créer un parallèle avec un autre film : Samson et Delilah, de Warwick Thornton, déjà lauréat de la Caméra d’or en 2009. Souhaitons que pareil destin arrive à ce film brillant premier film de Benh Zeitlin, porté par deux acteurs vibrants : Dwight Henry et la très jeune et très talentueuse Quvenzhané Wallis.

Thierry Frémaux, le délégué général du festival de Cannes, accueillant l'équipe de "Beasts of the Southern Wild"

Pour la petite anecdote nous étions assis juste devant l’équipe du film, qui le voyait pour la première fois. C’était très touchant de voir la réaction de ces acteurs, de ce réalisateur, de cette petite fille, que dis-je, de cette grande actrice ! On ne pourra que saluer leur modestie, voir leur timidité, face à la superficialité de certains sur les marches du tapis rouge…

L'acteur Dwight Henry après la projection du film

Beasts of the Southern Wild, un grand film, tout simplement. Guettez sa sortie dans les salles, et précipitez-vous !

Merlin Pitois

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Laurence Anyways de Xavier Dolan

Pour son troisième long metrage, Xavier Dolan, à seulement 23 ans, a tout d’un grand.

Affiche du film Laurence Anyways réalisé par Xavier Dolan

C’est l’histoire de deux êtres qui s’aiment, Laurence Alia (Melvil Poupaud – a qui je prévois déjà des prix d’interprétation – remplaçant de dernière minute de Louis Garrel) jeune écrivain et professeur de littérature et Fred Belair (Suzanne Clément), chargée de production sur des plateaux de cinéma. Le jour de ses 30 ans, Laurence annonce a Fred son intention de devenir une femme. Nous sommes au début des années 1990 au Canada, la révolution est en route…

C’est certainement le film le plus exaltant qui m’ait été donné de voir depuis ces 3 jours au festival de Cannes. Et oui, je m’emballe ! Servi par d’excellents acteurs et notamment les rôles féminins, Nathalie Baye joue ici une mère peu aimante additionné d’une épouse désabusée (mention spéciale pour ses « piques » tout au long du film) et Suzanne Clément, sexy et libérée, qui traverse tant bien que mal la transformation de son homme. Laurence Anyways nous embarque dans la (dé)construction d’une identité, dans les rapports familiaux et amicaux qui peuvent se fissurer voire voler en éclat.

Clin d’oeil également à la bande originale, qui pour ma part, m’a réellement embarqué. Quelques titres :
- Fade to Grey – Visage
- A New Error – Moderat
- Pour que tu m’aimes encore – Céline Dion (héhé)

Pourvu que ça dure…

Clémence Halais

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The Student

Après Mystery du chinois Lou Ye qui faisait l’ouverture d’Un certain regard,  The Student est le deuxième film présenté à Cannes dans cette sélection. Tout comme le premier, il a été loin de faire l’unanimité auprès du public. Seulements quelques maigres applaudissements, puis les journalistes et autres professionnels du cinéma se sont dépêchés de fuir cette salle pour une autre projection.

Ce film Kazakh, réalisé par Darezhan Omirbayev, a pourtant un scénario plutôt bien construit et une thématique intéressante.
Ce film est inspiré du roman de Dostoïevski « crimes et châtiments ». L’action se déroule au Kazakhstan de nos jours.Le protagoniste du film est un étudiant en philosophie. Il loue une chambre au sous-sol d’une maison occupée par une vieille dame, loin du centre-ville et il souffre de manque d’argent et de solitude. Parfois il va acheter du pain chez l’épicier du coin et, peu à peu, l’idée de cambrioler le magasin lui vient à l’esprit. Il est aussi influencé par un environnement de pauvreté et une idéologie de compétition, avec la division des riches et des pauvres, des forts et des faibles.

The Student (sélectionné dans "un certain regard")

L’étudiant est conditionné par des valeurs douteuses et il commet son crime durant lequel l’épicier et une cliente deviennent ses victimes. Aussitôt après ces évènements l’étudiant se sent encore plus seul et cesse toute relation avec son entourage. Le sentiment de culpabilité grandit en lui et le ronge…

Malgré ce scénario à priori intéressant, on est rapidement déçu par la lenteur du film et le jeu de l’acteur principal, tout en retenue, en lenteur. Le film ne dure pourtant qu’une heure trente, mais c’est déjà trop long.
Si The Student a des qualités, il reste beaucoup trop inégal et semble avoir été bouclé en post-production.
Saluons le festival de Cannes de nous proposer des films auxquels nous ne pourrions avoir accès dans d’autres conditions. Néanmoins, ce n’est pas rendre service au cinéma kazakh que d’avoir sélectionné ce film là.

Espérons que le reste des films sélectionnés dans « Un Certain Regard » (et on n’en doute pas) seront d’un autre  calibre !

Merlin Pitois

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Michel Gondry est au top de sa forme !

       The we and the I, le nouveau film de Michel Gondry, faisait l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, une compétition moins médiatisée que la compétition officielle.

Michel Gondry

Gondry, on commence à le connaître. Révélé au grand public par Eternal Sunshine of the Spotless Mind, il commença à imposer son style de réalisation, notamment reconnaissable par ses décors de bric et de broc et la récurrence du rêve dans son oeuvre. On retroue ce style dans ses films suivants : La science des rêves ou Soyez sympas, rembobinez ! Son dernier film avait pu nous dérouter quelque peu, lorsqu’il réalisa le Green Hornet, un film de super-héro, adapté d’un comic book Marvel et aux aspects de « blockbuster pop-corn 3D » (même si les afficionados du rélisateur ne s’y sont pas trompés et y ont vu un film restant dans la veine de Gondry, malgré une esthétique visuelle radicalement différente).

Le réalisateur français, très attaché aux moeurs des Etats-Unis, dépeint dans The We and the I les portraits d’adolescents du quartier New-Yorkais du Bronx à travers une immersion dans leur trajet de bus, les ramenant vers leurs foyers respectifs. Ce trajet n’est pas annodin, c’est le dernier de l’année scolaire, à l’aube des vacances d’été.

The we and the I

Certains bizuteurs, castagneurs, grandes gueules, d’autres victimes; introvertis, mal dans leurs peaux. D’une histoire que l’on pense être, de prime abord, superficielle et américano-centrée, on se laisse rapidement prendre à la valse de ces adolescents. Plus le trajet avance, plus on apprend à les connaître, plus eux-même laissent leurs besoins de représentation permanents.  Progressivement on entre dans leur danse, et la fable superficielle se transforme en un conte universel.

Michel Gondry nous sublime par son talent de conteur, une fois encore, et nous prouve sa fantastique capacité à se renouveler tout en restant fidèle à son style.
Dans Soyez sumpas, rembobinez, il avait embauché presque tous ses comédiens dans le quartier de Paissaic, où il avait tourné ce film (à l’exception de Mos Def et Jack Black, ses eux comédiens principaux). Dans The we and the I, il pousse cette réflexion plus loin encore, en composant tout son casting de débutants. Au vu du résultat, on ne peut que saluer la performance de ces jeunes acteurs, mais surtout le talent de directeur d’acteur de Michel Gondry.

Merlin Pitois

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Carnet de Bord : deuxième jour

  • Festival de Cannes : Jour 2 – Jeudi 17/05 (par Merlin Pitois)

Ca y est, on est arrivés à Cannes, hier soir, en un seul morceau, et plutôt soulagés (étonnamment…).

Sur notre 31 comme jamais, nous nous préparions à  aller vers la grande salle…

"C'est bon, j'ai mon costard, je remets mon noeud pap et puis on y va !"

Un peu à la bourre, nous sommes passés retirer nos accréditations en coup de vent et avons filé vers la grande salle du Palais des Festivals de Cannes, direction la cérémonie d’ouverture : la grâce de Bérénice Béjo, la malice de Nanni Moretti, les jambes de Diane Kruger, le chic d’Ewan MacGregor, et surtout le nouveau film de Wes Anderson Moonrise Kingdom.

 » Plus que quelques minutes ! Vite, vite !  »

 » Pardon messieurs dame, mais vous ne pouvez pas accéder à la cérémonie d’ouverture, la salle est complète. »

Déception. Désillusion. Désespoir. Dépit. Et tous les qualificatifs de ce genre qui commencent par « dé ».

La mort dans l’âme, nous nous sommes dirigés vers la salle de presse, ou nous avons regardé le speech de Bérénice Béjo sur une télé dont l’image était instable, en compagnie de collègues roumains, thaïlandais, néo-zélandais (et j’en passe) qui n’avaient pas non plus accès à la cérémonie.

Mais, nous avons pu découvrir ce que personne ne voit à la télé, le côté du festival que personne ne connaît :

Pendant que vous regardiez Bérénice, Nanni et leurs potes, voilà ce qui se passe sur le tapis rouge !

Un inconnu a monté les marches quelques minutes après les autres, mais personne ne le prenait en photo… Grâce à l’équipe de Radio Campus Rennes, gloire lui est quand même rendue !

 

 

 

Paparazzi : tout un métier !

 

Puis nous avons pu découvrir l’ampleur de l’hystérie médiatique qui règne autour de « l’évènement Cannes ». Les Paparazzis viennent installer leurs escabeaux plusieurs jours à l’avance devant le Palais des festivals pour avoir une vue imprenable. Et pour ne pas se les faire voler, ils les cadenassent aux barrières avec des cadenas à vélo. Astucieux ou complètement aberrant ? A vous de juger…

Le lendemain matin, nous sommes retournés sur la croisette, bien décidés à ne plus nous prendre les mêmes revers. Et ça a plutôt bien commencé, car on nous a confirmé que nous pourrions assister à tous les films que nous souhaitions voir. Ouf. On ne sera pas venu pour rien !
Nous avons donc commencé notre semaine de cinéphiles. Au menu ?
- Un petit Michel Gondry le matin : The We and the I (*), programmé dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs. Excellent film.
- Un film Kazakh en début d’après midi : Student (*), projeté dans le cadre de la séléction « Un certain regard »
- Un film austro-allemand : Paradies Liebe (*), projeté en compétition officielle.
(*) vous pourrez retrouver la critique de ces films dans la rubrique ‘projections’ sous peu.

Au final, notre festival a bel et bien démarré, et plutôt bien, malgré les quelques (légers) désagréments…

Allez, en cadeau, un petit bonus photo pour vous remercier de nous être fidèles, chers lecteurs :

Photo volée par un paparazzi, alors que nous nous rendions, en toute simplicité au festival.

Merlin Pitois

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Paradises: liebe (Paradis: Amour)

      Ulrich Seidl nous plonge dans les eaux « chaudes » du Kenya avec son nouveau film en compétition officielle du festival de Cannes. 

Thérèsa, autrichienne quinquagénaire s’exile en vacances au Kenya où elle y retrouve une amie déjà accoutumée du lieu et de ses codes. Un mot d’ordre pour ses femmes mûres: profiter du bon temps avec de jeunes mâles africains. Un film qui dépeint différentes oppositions : les corps fermes et noirs de ses jeunes hommes / la peau blanche et le corps vieillissant de ces femmes; l’Europe/l’Afrique; l’arroseur arrosé et vice versa.

Paradies Liebe

Thérèsa se prête au jeu de la femme libérée et dominante et veut croire en la sincérité de Munga, son éphèbe Kenyan du moment. Alors qu’ils passent du bon temps ensemble, leur relation va très vite se dégrader: comme tous les autres, il assure en fait sa subsistance…

Insultantes,  racistes, néo-colonialistes; le public est tour à tour mal à l’aise, dégoûté ou amusé par le langage et les manières de ces femmes décomplexées. La distance et le dépaysement sûrement ! Les Kenyans quant à eux acceptent les règles du jeu dans un premier temps puis prennent la place de l’exploitant.

Un film qui détonne dans la compétition officielle par la rudesse de sa narration, de ses personnages et de son cadre. Un poil trop long à nos yeux (1/2 heure quand même) mais qui vaut le détour.

      Clémence Halais

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Carnet de Bord : premier jour

  • Festival de Cannes : Jour 1 – Mercredi 16/05 (par Merlin Pitois)

          Voici le prémier article d’une série que Clémence et moi-même espérons pouvoir tenir quotidiennement, tout au long de notre séjour au festival de Cannes 2012.

Le Train, un transport fiable, confortable, et… Non, je plaisante !

Le jour de l’ouverture du festival, rien n’est programmé de particulier, mis à part la cérémonie d’ouverture du soir. En partant le matin 5h pour prendre notre avion à 8h à l’aéroport de Nantes, direction Marseille, nous pensions avoir un timming plus que large. Et pourtant les choses ont commencé à se corser d’entrée : la compagnie low-cost irlandaise (pour ne pas citer son nom) que nous avions réservé nous a immédiatement montré l’efficacité de ses services : 25 minutes de retard.

Mais malgré tout, nous avons pu décoller sans trop de délai, nous avons rattrapé notre retard, et comble du confort, nous sommes arrivés sans le moindre crash. Malgré de violentes perturbations au moment de notre atterrisage, Clémence, elle, restait stoïque, la paupière clause.

Ensuite, nous nous sommes dirigés vers la gare de Marseille Saint-Charles, sans le moindre retard dans les transports en commun non plus. N’allez pas dire que, nous bretons, nous avons pour habitude de médire sur les marseillais ! Néanmoins, une fois arrivés à la gare, nous avons déchanté rapidement : « le train à destination de Cannes aura un retard estimé de 40 minutes ». Youpi.

La SNCF est toujours ponctuelle. Le retard ? Un mythe on vous dit !

Dix minutes plus tard : « le train à destination de Cannes aura un retard estimé d’une heure ». Super.

Puis quinze minutes plus tard : « le train à destination de Cannes aura un retard estimé de deux heures ». Génial.

Angoisse : arriverons-nous à Cannes dans les temps ?...

Vive la SNCF, vive Marseille ! En tous cas, cette innovation pour la promotion du tourisme à Marseille s’avère très efficace, car ce sont des milliers et des milliers de voyageurs qui se dirigent dans les rues ensoleillées de cette ville – magnifique au passage, il convient de le souligner – balayée par un fort mistral.

A l’heure où j’écris ce petit compte-rendu, nous sommes dans le train, à destination de Cannes. Cela fait 8h que nous sommes dans les transports. Le train roule depuis 30 minutes, tout va bien. « Mesdames et messieurs, pour des raisons techniques, notre train est arrêté en pleine voie pour  une durée indéterminée en raison de problèmes techniques ».
Guillaume Pepy m’a tuer.
Quand on pense que faire Rennes-Nice en avion ne met qu’une heure quinze…
Nous aurions mieux fait de suivre l’exemple de notre nouveau président de la République et venir en pédalo. Les avions de ligne et les jets privés, c’est dépassé.

Il nous reste à peu près six heures avant le début de la cérémonie d’ouverture.

Au final, nous aurons passé plus de dix heures dans les transports, mais nous y sommes arrivés (!), enfin !

A priori, nous devrions pouvoir tout de même être prêts pour à temps. Smoking Armani pour l’un, robe de soirée Chanel pour l’autre, vous pouvez compter sur nous pour vous faire revivre dès demain tous les moments marquants de la cérémonie d’ouverture !

 Merlin Pitois

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Qui retrouverons-nous sur les marches cette année ?

Les organisateurs du festival, Gilles Jacob et Thierry Frémaux, ont toujours accordé une attention particulière à ce que l’ensemble du cinéma mondial soit représenté sur la croisette. Mais ils ont également toujours voulu que la crème du cinéma du moment y soit représenté. C’est ce qu’on peut constater cette année encore au regard des films et des professionnels qui seront présents cette année…

Qui retrouverons-nous sur les marches cette année ?

  • Des habitués de la croisette :

- Michael Haneke, le réalisateur Autrichien, qui sera présent sur la croisette pour présenter son nouveau film : Amour, avec Jean-Louis Trintignant et Isabelle Hupert. Il tentera une aussi bonne prestation cette année qu’en 2009 où il avait remporté la palme d’or avec Le ruban blanc.

- Le réalisateur roumain Cristian Mungiù, déjà auréolé d’une palme d’or il y a 5 ans, en 2007, pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, sera de retour pour présenter un nouveau long-métrage intitulé : Au-delà des collines.

- Le réalisateur iranien Abbas Kiarostami sera aussi de retour sur la croisette, quinze ans après avoir remporté la palme d’or avec Le goût de la cerise. Cette année, il nous présentera un nouveau film de son cru : Like someone in love.

- Le cinéaste français Leos Carax (Alex Dupont) fait son grand retour à Cannes en 2012. On lui souhaite plus de succès cette année, car il n’a jamais gagné de prix majeur malgré plusieurs nominations pour des précédents films… Il présentera Holy Motors, un film au casting étonnant : il regroupe Denis Lavant, Edith Scob, Michel Piccoli, Eva Mendes ou encore Kylie Minogue.

- Ken Loach, le réalisateur britannique reviendra lui aussi une nouvelle fois à Cannes une nouvelle fois pour présenter The Angels’ Share. On lui souhaitera la même réussite qu’il a connu en 2006, où il avait remporté la palme d’or pour Le vent se lève.

- Alain Resnais, le réalisateur français (breton !) de 90 ans nous prouve qu’il faut toujours compter sur lui pour faire vivre le festival de Cannes, 38 ans après sa première participation. Il présentera Vous n’avez encore rien vu, avec au casting ses fidèles acteurs, sa famille pourrait-on dire : Mathieu  Amalric, Sabine Azéma, Anne Consigny, Lambert Wilson, Hippolyte Girardot, Denis Podalydès…

- Et bien entendu, on pourra aussi voir sur la croisette un grand habitué du festival : le réalisateur italien Nanni Moretti, qui sera le président du jury du festival international du film cette année.

  • Des stars internationales :

- Le plus emblématique est sans doute l’acteur américain Brad Pitt qui viendra défendre le nouveau film d’Andrew Dominik : Killing them softly.

Brad Pitt et Angelina Jolie au festival de Cannes 2011

- On retrouvera également cette année la révélation de la précédente édition du festival : Jessica Chastain, que nous avions découvert dans The Tree of Life, le film de Terrence Malick qui obtint la palme d’or en 2011. Elle viendra défendre les couleurs de Lawless (des hommes sans loi), le film de John Hillcoat, qui rassemble un casting flamboyant :

- Guy Pearce (Le discours d’un roi, animal Kingdom)
- Shia LaBeouf (Transformers, Wall Street)
- Tom Hardy (Inception, Bronson, La Taupe)
- Mia Wasikowska (l’Alice de Burton)
- Gary Oldman (The Dark Knight, La Taupe)
- Dan DeHann (Le héros maléfique de Chronicle) …

Kristen Stewart et Robert Pattinson

- Le réalisateur canadien David Cronenberg a eu la bonne idée d’offrir un vrai grand rôle à l’icône des ados Robert Pattinson dans son nouveau film Cosmopolis (dans lequel on retrouvera aussi notre Juliette Binoche nationale). L’acteur américain sera accompagné à Cannes par sa dulcinée Kristen Stewart qui, quant à elle, viendra présenter le long-métrage de Walter Salles : Sur la route.

  • Des OVNIS dans les compétitions parallèles :

7 jours à la Havane : Il s’agit là d’un film collaboratif très intrigant, bizarre, mais prometteur quand on voit que parmi les réalisateurs se trouvent Benicio Del ToroGaspard Noé ou Laurent Cantet (lauréat de la palme d’or 2008 pour Entre les murs), et qu’au casting ne figure nul autre qu’Emir Kusturica, qui se fait très (trop) rare sur nos écrans ces derniers temps…

Le grand soir, qui n’est rien d’autre que le dernier délire des non moins délirants Gustave Kervern et Benoît Delépine, récents auteurs de Mammuth, avec au casting le top du cinéma belge : Benoît Poelvoord et Bouli Lanners, ainsi qu’Albert Dupontel.

Ceci n’est qu’un aperçu des professionnels du cinéma que vous pourrez voir au festival de Cannes (ou dans votre petite lucarne, présentés par l’inoxydable Laurent Weil). Pour en savoir plus, n’oubliez pas de consulter régulièrement ce site ou de vous rendre sur le site du festival de Cannes : http://www.festival-cannes.fr/fr.html

Merlin Pitois

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