- Festival de Cannes : Jour 3 – Vendredi 18/05 (écrit par Merlin Pitois et sur un clavier qwerty, vachement galère !)
Troisième jour : notre festival est bel et bien lancé, nous avons (enfin) trouvé nos marques, et avons pu assister à toutes les projections auxquelles nous souhaitions assister. La pluie a bien tenté de nous mettre des bâtons dans les roues, mais nous, les incorruptibles reporters de RCR, avons rempli notre mission.
Au programme du jour, trois films :
- Beasts of the southern wild, un film américain (même s’il ressemble a tout sauf à un film américain stéréotypé) première réalisation du prometteur Benh Zeitlin. On a été subjugués. LA révélation de la sélection ‘Un certain regard’ jusque là…
- Laurence Anyways de Xavier Dolan, le jeune réalisateur québecois, auteur des amours imaginaires. Ce film fait lui aussi parti de la sélection ‘Un certain regard’.
- Au delà des collines, de Critian Mungiu, le vainqueur de la palme d’or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Pendant que nous nous enfilions plus de sept heures de long métrage, Ben Stiller et Sacha Baron amusaient la foule depuis le tapis rouge, jetant des cadeaux promotionnels au public pour la promotion du film Madagascar 3. Et en plus nous en écrivons la critique après, dans une salle de presse démesurée, où l’on ne parle que l’anglais, mes collègues les plus proches au moment ou j’écris étant russes, australiens, canadiens, italiens ou turcs…
Au fil des jours, nous nous rendons peu à peu compte qu’il n’y a pas qu’un festival à Cannes, mais bien plusieurs. En fait, il y en a autant qu’il a de publics différents.
- Il y a les festivaliers qui passent leur temps devant le palais des festival à tenter de négocier le rachat d’une place pour telle ou telle séance.
- Il y a les « petits » journalistes (nous !) qui sommes là de par notre cinéphilie pure et dure.
- Il y a la « presse pédante parisienne » qui nous pique nos place – car elle est prioritaire – qui jette des fleurs à De rouille et d’os parce qu’Audiart, ça ne peut pas être mauvais, mais qui disent que le Michel Gondry est à vomir parce que le sujet évoqué ne les concerne pas…
- Il y a les touristes qui sillonnent la croisette dans l’espoir de croiser une star.
- Il y a les V.I.P, qui ne font rien de particulier à cannes sinon exiber leur badge VIP et envoyer des textos pendant les projections.
- Il y a les stars, qui ont le don de se téléporter du Carlton au tapis rouge sans qu’on les voit, au grand malheur de la foule cannoise.
- Il y a les employé du festival, qui a l’incroyable talent de taper sur un touriste qui passe par mégarde dans une zone VIP, puis de cirer les pompes des journalistes qui se rendent dans cette zone VIP, et tout ça en moins de 40 centièmes de seconde.
- Il y a les commerciaux qui attendent toute la journée qu’un producteur daigne s’intéresser à leur film pour pouvoir lui faire de la lèche.
- Il y a les vendeurs de journaux qui s’égosillent pour vendre des nouvelles du monde aux festivaliers (généralement, 18 pages sont consacrées au festival, 1 au nouveau gouvernement et une aux sports; tu parles d’ue information de qualité…)
Enfin, je vous épargne une liste encore plus longue, je pense que vous aurez compris ce qu’il faut retenir du festival de Cannes : il est multiple, de par son public et de par la multiplicité des compétitions présentes :
- Le festival international du film
- La Caméra d’Or
- Un certain regard
- La semaine de la critique
- La quinzaine des réalisateurs
- La compétition des courts-métrages
- Les projections hors-compétition
- Cannes Classics
- Le marché du film
- etc. etc…
Bref, pour tout nouveau festivalier, arriver seul à Cannes est plus qu’un casse-tête, mais 48h après notre arrivée, nous nous sommes enfin (à peu près adaptés).
PS : je crains que nous ayons emmené le climat breton avec nous, depuis vendredi matin, il pleut, puis il y a une éclaicie, puis il pleut, puis il vente, puis il y a de l’orage. N’en touchez pas le moindre mot à Gilles Jacob, il nous mettrait à la porte !
Merlin Pitois






















